1 - PREAMBULE
(VERSET : Pourquoi m'appelez-vous Seigneur, Seigneur ! et ne faites-vous pas ce que je dis ? : Luc 6.46).
Le trouble qui envahit bon nombre de croyants à la lecture des épîtres attribuées à Paul est plus que compréhensible. Rarement identifié clairement, et encore moins souvent mis en lumière, il perdure depuis fort longtemps et finit par être le compagnon de lecture de ceux qui le ressentent. Même lorsqu'on essaye de se convaincre que le problème vient de nous, la réalité revient rapidement nous faire face. Comment accepter que Paul nous dise que suite à sa résurrection, Jésus se serait montré aux 12, alors qu'ils ne sont plus que 11, Judas n'étant plus parmi eux et Matthias n'y étant pas encore ? Comment justifier que Paul puisse affirmer que certaines de ses affirmations ne sont pas de Dieu ? Comme accepter qu'il puisse affirmer que le sacrifice de Jésus était incomplet ?
Il est important de comprendre que le plus important n'est pas tant le sujet abordé, mais plutôt la vérité elle-même. Il peut paraître futile de s'arrêter sur le fait que Paul affirme que Jésus soit apparu aux 12. On pourrait se dire que cela ne change pas grand-chose et même que cela pourrait être une simple erreur de traduction. Pourtant, ce qu'il faut comprendre, et ce, concernant tous les points que je vais soulever, c'est que si un point particulier nous paraît futile, et donc sans conséquence, cela ne signifie pas qu'il le soit effectivement. La Parole de Dieu est inspirée par le Saint-Esprit et rien de ce qu'elle contient ne peut être faux. Si cela arrivait, alors le Saint-Esprit ne serait pas infaillible et Dieu cesserait d'exister. C'est pour cela qu'une erreur qui nous paraît banale concernant le nombre des disciples est en réalité un point particulièrement important, parce que la question que cela soulève réellement, est de savoir si le Saint-Esprit s'est trompé.
Après avoir vérifié des dizaines de traductions et après avoir vérifié dans le texte original, il y a bien précisé 12 disciples, et non pas 11. Donc soit le Saint-Esprit s'est trompé, soit le Saint-Esprit n'a pas parlé, et la présence du texte concerné dans la Parole de Dieu devient dès lors discutable.
Tous les sujets précités seront mis en avant dans cette étude, ainsi que près d'une centaine d'autres. Cependant, commençons par aplanir les choses afin de poser deux référents qui nous permettront de commencer avec une base commune.
a) Premier référent : la bible et la Parole de Dieu.
Il faut bien distinguer la différence entre ce que désigne l'appellation « Parole de Dieu » et l'appellation « Bible ». L'amalgame est très fréquent, pourtant il s'agit de deux choses qui n'ont pas du tout le même fondement, et les deux appellations, ne désignant pas la même chose, ne sont pas interchangeables.
La Parole de Dieu ce sont les textes inspirés par Dieu aux hommes, alors que la Bible c'est le rassemblement des textes choisis par les hommes comme étant inspirés par Dieu. C'est fondamentalement la même différence que celle existante entre la vérité perçue par les hommes et Jésus qui est la Vérité. Le filtre de la chair passe par là et perturbe le sens de ce que Dieu veut nous apporter. Cela instaure une différence entre ce que Dieu dit, et ce que nous comprenons. C'est un phénomène normal, et au cours de notre progression dans la foi, nous apprenons non pas à affiner ce que Dieu dit, mais notre compréhension de ce qu'il dit. Ce que Dieu dit ne changeant pas.
Pour mieux réaliser la différence entre la bible et la Parole de Dieu, il suffit de garder à l'esprit qu'il existe différentes versions de la bible, mais qu'il n'existe qu'une version de la Parole de Dieu. Les catholiques et les protestants utilisent des bibles ne contenant pas les mêmes textes. Cela permet de comprendre que la bible n'est pas quelque chose d'immuable, par contre, la Parole de Dieu l'est.
Le rajout de l'étape de la décision humaine insère une dimension qui permet l'erreur, volontaire ou non, et c'est cette erreur que je me propose de regarder de plus près.
b) Deuxième référent : les 2 Paul.
Je montrerai l'évidence de ce que la bible nous fait mention de deux Paul totalement différents. Le premier est celui qui est brièvement cité dans la deuxième épitre de Pierre. Le deuxième est celui des 13 épîtres qui lui ont été attribuées et de la deuxième partie du livre des Actes des Apôtres. Ce que je dis n'est pas qu'il y aurait bien deux personnes, comme il y a plusieurs Jacques ou de très nombreux Simon, mais plutôt que celui qui nous est dépeint dans les 13 épîtres et dans le livre des Actes des Apôtres est un personnage fictif créé de toute pièce dans le but de perdre les croyants. Je montrerai que sa création est volontaire et donc le fruit d'un acte réfléchi et calculé, ayant pour but la destruction de la foi en Jésus.
Aussi, lorsque je parlerai de Paul il faudra toujours garder à l'esprit que ça ne parle pas de l'unique citation faite par Pierre concernant un personnage qui a probablement existé. Lorsque je parlerai de Paul cela désignera un personnage fictif inventé par un collège d'écrivains voulant la perte des croyants, et auquel ils ont donné le nom de Paul pour essayer de faire le lien avec un personnage qui, tout en se trouvant dans la Parole de Dieu, n'avait pas suffisamment d'importance pour qu'on remarque de prime abord la supercherie. Il eut été plus difficile d'inventer 13 épîtres de Pierre ou de Jean parce que leur présence était suffisante pour qu'on puisse facilement trouver à redire et détecter le procédé. En utilisant un personnage dont on connaissait l'existence mais au sujet duquel on ne savait pas grand-chose, tout devenait plus facile.
Pierre nous parle en bien d'un Paul qui ne peut en aucun cas être celui qui nous est dépeint dans le reste des textes faisant mention de lui. Cela sous-entendrait que les folies qui se trouvent dans les écrits concernés n'auraient aucunement gênés Pierre, ce qui ne se peut pas. Il est difficile d'imaginer que Pierre se satisfasse de textes affirmant que le sacrifice de Jésus serait incomplet (Colossiens 1.24 : Je me réjouis maintenant dans mes souffrances pour vous ; et ce qui manque aux souffrances de Christ, je l'achève en ma chair, pour son corps, qui est l'Église).
La première et relativement difficile tâche à faire en recevant la vérité qui se trouve dans cet enseignement, est de détacher celui qui s'appelle Saul, de Tarse, de celui dont il est prétendu qu'il serait Saul de Tarse ayant changé de nom. Ce changement n'est là que pour initier une image miroir de Simon devenant Pierre et justifier qu'il en serait la suite, tout en tentant de récupérer un personnage présent dans une occurrence dans la deuxième épitre de Pierre (3.15).

2 - LA LEGITIMITE DE PAUL
(VERSET : Soyez sur vos gardes : Je vous ai tout annoncé d'avance : Marc 13.23).
a) La légitimité de Paul.
Il n'est pas question ici de remettre en cause l'existence d'un personnage nommé Paul, mais de remettre chaque chose à sa place, et à commencer par l'idolâtrie que lui voue l'église actuelle. En effet, pour beaucoup Paul est LE personnage parfait auquel il faut ressembler, et Jésus disparaît de plus en plus des prédications au profit de Paul. Cette tendance n'est cependant pas nouvelle, et on constatait déjà à l'aube de la chrétienté une tendance prononcée à élever Paul bien au-dessus de la place qui était la sienne dans l'église d'alors. Le premier recueil de textes néo-testamentaires fut fait par Marcion à la moitié du 2° siècle après Jésus-Christ et il ne contenait que des écrits de Paul et de Luc (disciple de Paul). Lorsque des ajouts furent faits, plusieurs contestations apparurent, et des textes aussi profonds que l'épître aux Hébreux, l'épître de Jacques ou encore l'apocalypse selon Jean (entre autres) furent en sérieux ballottage avant d'être finalement acceptés. Aucun écrit de Paul ne sembla soulever de contestations durables à ce jour (depuis, plusieurs voix se sont levées pour en souligner les multiples incohérences). Cette absence de contestation à elle seule est déjà signe d'un problème majeur tant certaines erreurs sont incontestables même pour ses plus ardents défenseurs (1 Corinthiens 15).
Paul est devenu pour les Chrétiens actuels ce qu'était la loi orale pour les pharisiens. Dès qu'un problème survient, c'est dans les épîtres qui lui sont attribuées que l'on va chercher la solution, presque jamais dans les 4 versions de l'évangile. On ne cherche plus la volonté de Dieu, mais celle de Paul, prétextant que de toute manière, c'est forcément la même.
Alors concernant la légitimité d'un Paul dont ne connaissons presque rien , il va de soi qu'il avait choisi de servir Dieu, rien à redire de ce côté-là, mais il serait bon cependant de réaliser l'impossibilité que ce dernier soit le même que celui qui révèle sa désobéissance et ses fausses doctrines encore et encore dans les écrits relatant ses déplacements et ses enseignements. Je fais ici allusion entre autres au passage où il est précisé que les frères, poussés par l'Esprit, essayèrent de convaincre Paul de ne pas se rendre à Jérusalem, il décida cependant de n'en faire qu'à sa tête, aussi, le Seigneur lui envoya-t-il Agabus pour lui révéler la conséquence de sa désobéissance. La punition était simple, Dieu le prévenait qu'il serait mis dans les chaînes, ce qui arrivera effectivement.
Quoi qu'il en soit, il paraît évident que les écrits qui lui sont attribués ou qui parlent de lui comportent des points troublants qui montrent une opposition soit entre eux, soit avec la parole de Dieu.
Que les épîtres attribuées à Paul mettent en avant certaines choses très intéressantes ne fait aucun doute. N'oublions pas que le meilleur moyen de propager l'erreur c'est de la mélanger avec une petite dose de vérité. Par contre, ce qui est beaucoup plus douteux, c'est la place qui lui a été faite dans la Parole de Dieu.
Ce qui doit être remis en cause est la légitimité de la présence des épîtres qui lui sont attribuées dans la Parole de Dieu. En effet, ce n'est pas parce qu'une chose est vraie qu'elle doit être dans la parole de Dieu mais l'inverse : c'est parce qu'elle est dans la parole de Dieu qu'elle est vraie. Or, dans le cas des textes parlant de Paul (à l'exception du verset de Pierre), il apparaît évident qu'une certaine précipitation a été de mise il y a quelques centaines d'années et que l'écrémage se soit fait dans un tamis inadéquat.
Nous regarderons dans la suite de cet enseignement de nombreux exemples allant dans le sens de ce que j'avance, et je ne me baserai que sur la Parole seule, m'appuyant sur la quatrième règle de détermination de ce qu'est un apocryphe, qui est, la contradiction. Ainsi, il n'est pas question de rechercher dans quelques littératures que ce soit, un argument opposé à une affirmation faite dans les textes Pauliens. Le degré de vérité de la Parole de Dieu étant forcément supérieur à n'importe quel autre écrit, il n'est pas possible de se baser sur un autre écrit pour affirmer que tel ou tel passage de la Parole est faux. En se basant là-dessus, le seul texte pouvant nous aider dans la révélation de ce que j'ai à dire se trouve être la Parole elle-même. De la même manière, aucun texte extérieur ne pourra être accepté pour avaliser les folies qui se trouvent dans les écrits parlant de ce personnage plus que probablement fictif.
b) Marc 13 - « je vous ai tout annoncé d'avance ».
Je me suis toujours posé une question concernant un verset de Marc 13, celui où Jésus dit « je vous ai tout annoncé d'avance ». Cette question est simple. Quelles sont la validité et la légitimité d'une révélation postérieure à la vie de Jésus sur Terre ? En effet, s'il nous a tout annoncé d'avance, alors rien de neuf ne peut être donné. Bien sûr, lorsqu'il est écrit que l'Esprit nous conduira dans toute la vérité (Jean 16.13), il ne fait pas mention d'une nouvelle vérité, mais de la compréhension totale de la Parole de Dieu, ce qui est fondamentalement différent. Il en va de même avec la situation des disciples à qui Jésus avait clairement annoncé sa crucifixion mais qui ont dû attendre pour être conduit dans la vérité parce que le temps de la compréhension n'était pas encore arrivé.
Aussi, ce qui est dit après le temps de la présence du Seigneur Jésus sur terre ne peut qu'être une explication de ce qu'il avait annoncé et non pas un rajout sinon il serait menteur puisqu'il aurait affirmé faussement avoir tout annoncé d'avance.
C'est pour cela que les révélations transmises ultérieurement par des proches de Jésus ne peuvent être observées sous le même angle. Il peut s'agir de révélations faites par Jésus du temps de sa présence parmi nous. Toute nouveauté annoncée par des personnes ne l'ayant pas connu est donc suspecte de par le principe d'annonce préalable par Jésus faite du temps de sa présence physique.
D'un autre côté, cette affirmation de Marc 13 est également rassurante, parce qu'elle présuppose que, quoi qui est pu être dit après lui, nous devons forcément pouvoir en trouver la trace avant son séjour parmi nous, ou éventuellement pendant.
Je vais donc maintenant m'attacher à montrer les différents passages des textes concernés non pas qui prêtent à confusion, mais qui sont clairement des notions nouvelles et elles le sont généralement parce qu'en opposition directe avec d'autres notions de la Parole. Dans certains cas, Paul est en contradiction avec lui-même, et ce sera évidemment également le sujet des points qui suivront.
Rappelons avant d'aller plus loin que je m'évertuerai dans cet enseignement à montrer que les écrits attribués à Paul et détaillant ses pérégrinations n'ont pas leur place dans la Parole de Dieu.
La Parole de Dieu a pour valeurs l'universalité et l'intemporalité. Plus simplement, la Parole de Dieu se doit d'être vraie quels que soient les lieux et les époques. Jésus-Christ étant « le même hier, aujourd'hui, et éternellement » (Hébreux 13.8), et étant également la parole faite chair (Jean 1.1-4), il ne peut avoir inspiré un texte de la bible qui ne soit pas en accord avec les autres. Si un tel cas se présente, comme cela a eu lieu dans le passé avec la scission entre l'église catholique romaine et la naissance de l'église protestante à l'époque de Martin Luther, alors il convient de regarder les textes de près et de prendre une décision en se tenant éloigné de tout discours engagé et trop passionné afin de garder la tête froide et d'analyser avec calme ce qu'il convient de faire.
C'est ce que je ferai ici.

